jeudi 28 novembre 2013

Open Innovation dans l'Usine Nouvelle - Le Mythe de la Plateforme Magique - par Albert Meige, Président de Presans

L'hebdomadaire l'Usine Nouvelle consacrait un article de "Bonnes Pratiques" dans son numéro 3354 paru le 21 novembre. Plusieurs sociétés utilisatrices de plateformes d'Open Innovation, telles que Faurecia, client de Presans, ont été interviewées afin de fournir leur retour d'expérience.

Le journaliste Thierry Lucas m'a par ailleurs demandé de préparer une "note d'expert" sur le sujet de l'Open Innovation. Cette note, visible dans l'article et téléchargeable par les abonnés sur le site de l'Usine Nouvelle, est intitulée: "Le mythe de la Plateforme magique d'Open Innovation - Apprentissages grâce aux experts et aux clients utilisateurs".

Je poste ici, en primeur, les conclusions principales de ma vision des plateformes d'Open Innnovation. Je détaillerai ces conclusions dans un post plus long sur le blog de Presans: presans.com/blog:


Un des outils pour l’Open Innovation est la « Plateforme d’Open Innovation ». Le buzz autour de ce concept est encore pire que celui de l’Open Innovation. Grâce à, ou plutôt à cause de certains acteurs, beaucoup se sont mis à croire que grâce à une Plateforme web (surtout si elle était dotée d’un moteur de recherche sémantique – autre buzz word!), les entreprises allaient pouvoir poster leurs problèmes, et que des internautes allaient venir apporter des solutions, seule la meilleure étant rémunérée. Grâce à internet, tout est devenu possible, et en plus ça ne coûte presque rien! C’est la naissance d’un mythe! 
Notre retour d’expérience accumulé au contact de nos experts et de nos clients:

  1. Il faut des outils informatiques très pointus pour aider à l’identification et à la gestion des personnes qui seront capables d’apporter des solutions: on parle de millions d’experts!
  2. Il faut des talents formés à une méthodologie très robustes pour extraire la quintessence du savoir de l’expert et la transformer en leviers actionnables pour l’entreprise demandeuse.

Au plaisir de lire vos réactions.


6 commentaires:

Tru Dô-khac a dit…

Si je comprends bien, les objectifs sont :
- 1. identifier les personnes parmi une base de plusieurs millions qui seront capables d’apporter des solutions:
- 2. extraire la quintessence du savoir de l'expert
- 3. transformer la quintessence du savoir de l'expert en leviers actionnables pour l'entreprise.

Les prémisses seraient donc :
1. les experts vivent cachés tout comme leur savoir-faire, secret
2. les experts partagent difficilement leur savoir-faire (il faut l'extraire)
3. les experts ont de grandes difficultés à sortir de leur expertise pour délivrer une solution au client (il faut des médiateurs entre le client et l'expert)

Peut être.

Pour les points 1 et 2, il existe des experts qui publient, pas seulement dans des revues imprimées dont l'accès est payant ou sous documents pdf qu'il faut référencer dans des bases de connaissances, mais également en ligne.

L'outil est alors Google, outil sophistiqué s'il en est, mais, heureusement, seulement à la conception, pas à l'usage.

Un exemple : prenez Google et rentrer simplement les séries de mots sur des sujets actuels

- modèles affaires numériques
- gouvernance numérique
- MOOC serious game

et cliquez sur les premières pages ;-))

Concernant le rôle d'un médiateur :
et s'il s'agissait plus d'un "agent" ou d'un "impresario" (pour présenter à l'expert des clients et négocier pour son compte la valeur de son intervention) ?

Albert Meige a dit…

Bonjour Tru,

merci pour ton commentaire. Je t'invite à lire l'article dans son intégralité: http://open-your-innovation.com/fr/2013/11/28/francais-le-mythe-de-la-plateforme-magique-dopen-innovation-ce-que-presans-a-appris-de-ses-clients-et-de-ses-experts/

Je pense que tu y trouveras les réponses à ton analyse.

A mon avis, il s'agit d'une erreur de considérer que l'intermédiaire est un impresario. Ce serait un peu retomber dans ce que je qualifie de mythe dans l'article. Identifier, mobiliser et manager les meilleurs experts est quelque chose de très compliqué. Même quand il s'agit de faire cela avec l'expertise interne à l'entreprise! Quelques grands groupes industriels ont réussi à structurer une filière expert performante, mais la vérité est que la majorité des groupes industriels ont encore de gros soucis avec cela.

L'intermédiaire doit être un expert de l'expertise. De A à Z.

A ta disposition pour en discuter ou pour une conférence "retour d'expérience" dans le cadre d'X-OpenInnovation.

Amicalement

Albert

Tru Dô-khac a dit…

"L'intermédiaire doit être un expert de l'expertise. De A à Z".

Cela dépend des experts et, si l'on parle d'experts internes à l'entreprise, de la politique de valorisation, de la culture, de ses valeurs etc., un contexte qui navigue entre deux pôles : l'infantilisation et la responsabilisation (empowerment).

Pierre Ollivier a dit…

Je souscris à l'analyse d'Albert, ayant moi-même dû organiser des filières d'experts au sein de grandes entreprises.

Celle que j'ai trouvé la plus aboutie mais qui aujourd'hui a disparu est Areva T&D (morcelée en 2 entités reprises chacune par Schneider et Alstom en 2010). Ils avaient mis au point un "fellowship" avec critères très précis de progression et de parrainage, visibilité sur intranet, événements, etc.. Malgré cela il restait particulièrement ardu pour un collaborateur éloigné de la R&D centrale de trouver un expert dans un domaine particulier s'il avait un problème donné à résoudre, sauf à prendre son téléphone et à remonter la filère de proche en proche (en gros l'expert était à portée d'atteinte au niveau du 2ème cercle de ses relations en intra-entreprise).

Imaginons ce qu'il en adviendrait s'il n'avait pas cet accès de 2ème cercle au sein d'une entreprise mais uniquement en 3ème ou 4ème dans le bruit des réseaux sociaux en vigueur ...
Il en serait vite découragé même de chercher.

Amicalement
Pierre Ollivier

Tru Dô-khac a dit…

Il y a sans doute deux points de vue, un point de vue du coté de l'offre en expertise et un autre du coté de la demande.

Probablement dans certains cas, des intermédiaires peuvent être utiles...

Quels types d'intermédiaires, quelle valeur ajoutée et quels moyens pour leur intervention, c'est la question.

Albert Meige a dit…

inflation et globalisation des connaissances (4.5 millions de publications scientifiques par an, 1 million de brevets... dont une part gigantesque qui vient d'Asie), accroissement constant de la vitesse de turnover des ressources humaines, et en particulier des personnes très qualifiées.
Le monde de l'entreprise et de leur organisation changent plus vite que beaucoup le croient.
Le future de l'entreprise, y compris des entreprises de grandes tailles est agile et reconfigurable.
Des outils informatiques et "managériaux" seront nécessaires. J'aime à rêver que nous contribuons modestement à développer ces outils.
Il y a 6 ou 7 ans, quand je parlais d'Open Innovation - avant que cela devienne un buzz word, on me regardait bizarrement. Je constate simplement, que mes quelques prédictions se sont révélées correctes...
Amicalement
Albert

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